L?enfant sauvage (Jean Itard)
Jean Itard publie 2 mémoires sur un enfant qui a été trouvé dans l?Aveyron errant nu, Victor.
Il a entrepris l?éducation de l?enfant sous le siècle des lumières.
Les lumières : mouvement qui place la raison au centre, les lumières octrois une place centrale à l?homme et porte un vif intérêt à l?éducation.
Il y a ensuite fondation d?une anthropologie, où l?homme est vu comme un être de raison et qui est capable de se perfectionner, on peut donc le faire progresser grâce à l?éducation.
A) L?humanité et l?animalité
Qu?est-ce qui fait qu?un homme est un homme ?
Est-ce que l?on est différent des animaux ?
Qu?est-ce qui fait qu?on est un homme ?
Est-ce qu?il y a une rupture entre l?homme et l?animal ?
Est-ce qu?il n?est qu?un maillon des autres espèces ?
Darween : l?homme n?est qu?un animal !!
Mythe de Prométhée : 2 titans Prométhée et Epiméthée (sagesse et prévoyance)
Epiméthée devait distribuer des qualités de façon équitable aux vivants, ce qu?il fit mais oublia la race humaine.
Prométhée a donc eu pitié des hommes qui ne pouvaient pas se défendre comme ils le voulaient, il a donc décidé de voler aux Dieux la faculté du feu ainsi que la technique artistique (possibilité de créer).
L?homme qui a débuté comme le plus démunis des animaux, est devenu le seul animal à pouvoir inventer par lui-même.
Cela devient alors la capacité divine de l?homme, il devient un être à part, il est irréductible à l?animalité. L?homme est le seul à craindre la mort, à avoir un sens moral (différence entre le bien et le mal).
Cela ouvre alors une vision universaliste en tant que genre spécifique qui est l?humain.
L?humain par rapport à l?animal possède des qualités :
B) Nature et culture
La nature de l?homme ?
Qu?est-ce qui est en premier en lui ?
Nature :
Culture :
Ce sont des termes interdépendants (polysémiques), on ne peut pas comprendre l?un sans l?autre.
L?état de nature chez Rousseau : on ne peut pas saisir la nature à partir de l?expérience, il se demande alors : « Qu?est-ce qu?il y a une inégalité parmi les hommes ? »
« Il faut donc imagier un homme dépouillé de toute culture et pour démêler ce qu?il y a d?originaire et d?artificier dans la nature actuelle de l?homme, il faut imaginer un état de nature hypothétique ».
L?homme dans l?état de nature c?est tel qu?il y a du sortir des mains de la nature, c?est un être faible mais organisé le plus avantageusement de tous.
L?homme naturel se suffit à lui-même = autarcie.
Deux sentiments :
Ces deux sentiments permettent à Rousseau de dire que l?homme est naturellement bon (dans l?état de nature).
L?état de nature n?a donc jamais existé.
La bonté est un sentiment qui se trouve déjà dans l?homme mais qui est dégradée à cause des différentes évolutions.
« Concluons qu?errant dans les forêts sans industrie, sans parole, sans domicile, sans guerre, et sans liaisons, sans nul besoin de ses semblables, comme sans nul désir de leur nuire, peut-être même sans jamais en reconnaître aucun individuellement, l?homme sauvage sujet à peu de passions, et se suffisant à lui-même, n?avait que les sentiments et les lumières propres à cet état, qu?il ne sentait que ses vrais besoins, ne regardait que ce qu?il croyait avoir intérêt de voir, et que son intelligence ne faisait pas plus de progrès que sa vanité. Si par hasard il faisait quelque découverte, il pouvait d?autant moins la communiquer qu?il ne reconnaissait pas même ses enfants. L?art périssait avec l?inventeur ; il n?y avait ni éducation ni progrès, les générations se multipliaient inutilement ; et chacune partant toujours du même point, les siècles s?écoulaient dans toute la grossièreté des premiers âges, l?espèce était déjà vieille, et l?homme restait toujours enfant ».
Rousseau, Deuxième discours, Première partie
Errer : aller sans avoir où l?on va, ne pas savoir, ni d?avoir de but.
L?être humai ne reconnaît pas ses semblables, pas d?éducation possible dans l?état de nature, incapacité de développement de l?humanité.
La société : ensemble des règles qui fondent la propriété
La société arrive quand arrive la propriété privée.
Elle va corrompre l?homme.
Civilisation : tout ce que l?homme peut établir des lois particulières, des règles, tout ce qui le porte à vouloir s?enrichir.
Rousseau nous fait la description de l?homme dans l?état de nature idéal, c?est un être qui vit dans l?indifférence des semblables, et qui n?est moralement parlant qu?au stade de l?enfance.
C) L?innée et l?acquis
Savoir ce qui est dans l?homme est du domaine du biologique (du naturel), du domaine de l?éducation de la culture.
Réflexion des idées et des pensées : si elles sont innées, viennent-elles de notre entendement ou est-ce que c?est Dieu, ou viennent-elles d?ailleurs ?
Inné : ce que l?on a à la naissance, à l?origine indépendamment du milieu où l?on est né et des circonstances
Acquis : ce que l?on apporte après la naissance
Cela entraîne des problèmes d?ordre philosophique, politique et moral.
Conception : l?intelligence en tant que faculté est du domaine de l?inné mais c?est par une forme d?éduction qui va pour développer cette faculté
D) L?éducation
La raison doit pouvoir être éduquée (formée, cultivée). L?homme doit être capable de se perfectionner (perfectibilité), la perfection comprend une idée de l?homme à se perfectionner.
L?éducation est une notion fondamentale qui permet d?amener l?homme à se policier (suivre certaines règles).
Jean Itard en tant que médecin à une démarche expérimentale, presque clinique avec Victor de l?Aveyron. Il cherche par tous les moyens à vérifier sa conception, il va pouvoir vérifier si ses théories fonctionnent.
Kant : Qu?est-ce que les lumières ?
C?est un processus que l?homme va suivre pour sortir de sa minorité afin d?arriver à sa majorité = autonomie. Elle constitue la science de l?homme que si nous écoutions et suivons les indications de la nature.
L?enfant possède alors en lui toutes les possibilités humaines.
BUT : comprendre la matière sur laquelle on opère, et comprendre le but que l?on s?est fixé (l?homme est devenu tout ce que sa matière lui a permit de faire).
Le principe est aider les facultés à se maintenir exactement au niveau du réel et des lumières.
A) Mémoire sur les premiers développements de Victor de l?Aveyron (1801)
Il se découpe en cinq phases.
Itard dit qu?il veut démontrer une thèse philosophique « l?homme n?est rien sans la civilisation ».
Il faut rechercher dans les enfants sauvages la manifestation de la nature. Cette expérience pourra montrer la part que constitue l?éducation dans le développement. Victor va permettre d?étudier ce qui est inné ou acquis. Itard va partir à la description de Victor au moment où il l?a découvert.
Itard veut prouver que cet être est un être privé d?éducation à l?âge où il aurait dû l?acquérir. Il commence par exposer un état rencontré chez Victor. Il le divise en 5 vues.
Cette première vue répond à un souci humaniste, soumis à un bouleversement existentiel, c?est la condition nécessaire et préalable à toute éducation. Son but est d?adoucir ces conditions.
C?est une étape indispensable car l?homme est un être de sensation, c?est par les sens que l?on reçoit nos premières connaissances.
C?est une phase essentielle, car elle regroupe les besoins vitaux (se nourrir, survivre?), l?éducation va passer par une phase qui va multiplier ses besoins. Itard essaie de donner de nouveaux besoins sous forme d?habitude.
L?habitude est toujours associée à un comportement. Elle permet de faire ses choses avec le moins d?effort possible (ex : faire du café le matin devient pour la plupart des gens une habitude). Le comportement qui est induit alors à l?habitude va alors nous convenir.
C?est une phase qui touche à l?un des fondements de l?humanité : le langage.
Comment faire acquérir le langage à Victor ?
Itard commence cette vue en avouant son échec. Le langage devient nécessaire là où certains besoins ne peuvent être résolu sans le langage.
Plusieurs obstacles surviennent :
Il n?y a pas de rapport avec les seuls besoins naturels, formation de nouvelles idées et acquérir de nouvelles connaissances. L?exercice constant de l?attention, de la mémoire, du jugement et de toutes les facultés des sens.
Neuf mois après, Itard termine son premier mémoire, Victor montre alors toutes les facultés que possède un être humain, le texte est extrêmement organisé, il développe alors des considérations pratiques, des réflexions théoriques ainsi que des observations empiriques.
B) Rapports sur les nouveaux développements de Victor de l?Aveyron
(1806)
Jean Itard observe dans ce rapport les progrès de son élève. Il le distingue en trois parties.
Itard nous dit qu?il s?est inspiré de Locke et Condillac. Les connaissances ne sont pas innées mais viennent de l?extérieur, l?organe de l?ouïe est le plus principal dans cette partie. L?ouïe est le sens qui est requis pour développer le langage.
Cette partie est en étroit lien avec le développement des fonctions des sens, car elle nécessite des opérations intellectuelles (attention, mémoire, jugement) afin de fixer les fonctions des sens.
Une grande partie est concentrée pour l?acquisition du langage.
Il faut terminer l?éducation de Victor en le rendant humain, sensible (Rousseau) :
L?homme acquière alors la perfectibilité.
Essayons de répondre à deux questions obligatoires à se poser :
Est-ce que l?enfant sauvage est une image de l?homme à l?état de nature ?
On a crut voir l?état de nature chez les sauvages. Ces hommes sont toujours élevés ^par leurs semblables. L?homme est toujours ce qu?on lui fait être !
Le terme sauvage est appliqué ici que pour des personnes non civilisées par rapport à nous, selon nos critères.
Itard croît trouver l?homme naturel dans l?histoire de Victor, il va falloir déduire ce que serait l?homme naturel :
L?étude de Victor va servir d?une base expérimentale de la théorie philosophique sur les acquis de l?homme.
Caractéristiques de l?enfant sauvage :
Pinel (découvre Victor à Bicêtre) a dit : cet enfant est incurable. Itard récupère Victor comme une espèce de cause perdue, le diagnostic de Pinel est erroné selon Itard. Il reprend toutes les caractéristiques de Victor pour les analyser et les transformer par l?éducation. Pour Itard, Victor a l?âge intellectuel d?un bébé.
OUI, dans la mesure ou les faiblesses de Victor sont celles des individus, l?enfant sauvage est le « reflet » de l?homme privé de culture.
NON, car l?état de nature n?existe pas, Victor n?est pas un pur état de nature, il est né dans un village puis abandonné après sa naissance (environ 3 ans).
A) Développement des sens de Victor afin d?arriver à l?éducation
B) Développement des facultés intellectuelles de Victor
Toutes les connaissances sont liées entre elles, les sens vont produire une multitude d?impression sur l?âme qui va donner naissance à des idées.
Pour multiplier les idées, il va falloir multiplier les besoins (texte 6 de Condillac), toutes les idées sont reliées afin de former une chaîne de connaissance.
Le développement des sens va permettre de développer l?attention (p205), la mémoire et le jugement.
C) Le langage
L?apprentissage du langage pose des difficultés, l?ouïe ne suffit pas.
Il existe des conditions préalables à l?acquisition du langage :
p166 : « le défaut d?exercice rend inapte??? fonctions »
On ne peut pas percevoir le son de la voix sans percevoir le son articulé. C?est la compréhension de l?usage du langage, Itard pense que l?on peut acquérir le langage que lorsque l?on a besoin de quelque chose. Il reprend des idées de Condillac (le langage d?action).
Texte 7 de Condillac :
Il s?interroge sur l?origine du langage (comme marque dans l?humanité).
Itard se heurte alors, Victor est incapable de prononcer un son (comme un sourd et muet). Victor aurait compris l?usage du langage mais serait incapable de l?émettre.
Oui, c?est une dénaturation car il y a de l?éducation.
Selon Rousseau, non car c?est une expression de la nature, le ramène à sa nature humaine.
Conclusion : les résultats et la place de l?accession dans l?humanité, c?est par les théories philosophiques que l?homme est perfectible, donc Victor est un homme.La supériorité morale de l?homme dépend de son apprentissage de la culture. Il n?existe aucun homme moral par nature, l?homme n?a donc pas de moralité, il doit l?acquérir.